Je podcast, tu podcast, nous baladodiffusons…

Podcasting, Ipod, flux RSS, baladodiffusion, tous ces termes tournent autour de nos radios comme des satellites et nous donnent quelquefois le tournis. Essayons d’y voir clair, voulez-vous?
Un peu d’histoire

L’origine du mouvement « pod » vient de la rencontre de l’univers des blogues (ces journaux personnels publiés sur Internet) et du baladeur à succès d’Apple, le iPod. Auparavant, les « blogueurs » se contentaient de mettre du texte ou des images sur leur site. Avec l’arrivée du Ipod, ils ont été de plus en plus nombreux à créer et à partager du contenu personnel audio et vidéo. Par exemple, à l’aide d’un simple micro intégré à leur ordinateur portable, ces blogueurs peuvent concocter une petite émission et la diffuser dans l’univers Internet.
Comment ça fonctionne?

Le podcasting (en français, la baladodiffusion, merci à l’Office de la langue française du Québec) est différent de la diffusion d’une émission radio sur Internet. Pour comprendre la différence, l’image tiré du marketing du « push » (tirer) et « pull » (pousser) est utile. La diffusion utilise la technique du streaming (le flux d’informations), un processus centralisé qui « pousse » d’un site un contenu audio vers plusieurs auditeurs, soit 1 pour tous. La baladodiffusion, elle, part d’un contenu audio placé sur un site et offre aux « auditeurs » individuellement de télécharger et d’écouter (pull) ce fichier quand bon leur semble, soit tous pour 1. De plus, le streaming est une technologie lourde que seule les radios traditionnelles pouvaient véritablement se permettre; la baladodiffusion, elle, est à la portée de tous. On comprend mieux alors pourquoi elle a pris naissance à l’intérieur du mouvement de créations de blogues que l’on affiche aujourd’hui comme un exemple de démocratisation de l’information.

Il y a deux étapes à l’utilisation d’un podcast ou « balados » (contenu audio). Premièrement, il y a ceux qui créent et publient sur Internet des émissions audios. Ensuite interviennent ceux qui cherchent eux-mêmes un certain type de contenu. La création d’une émission radiophonique n’a plus de secret pour nous, je ne l’aborderai donc pas. Toutefois, sachez qu’il y a un format d’enregistrement à respecter, soit le mp3. Pourquoi? Simplement parce que c’est celui utilisé par l’ensemble des baladeurs comme le iPod. Ce format peut être lu sur l’ordinateur, votre lecteur de disque compact et surtout sur les baladeurs, à pied ou dans l’auto! Une fois l’enregistrement mp3 effectué, il reste à le publier en le téléchargeant sur un site Internet, comme n’importe quel contenu. Il faut donc posséder un abonnement permettant la création d’un site Internet.

Attention! La baladodiffusion ne consiste pas à simplement rendre un fichier mp3 accessible sur un site Internet que des éventuels auditeurs auraient à visiter pour pouvoir le télécharger « manuellement ». L’intérêt de la baladodiffusion réside dans le fait que l’auditeur n’a absolument pas besoin de visiter votre site et que le téléchargement peut se faire automatiquement. Comment? À l’aide du flux RSS.
Du fil de presse au fil qui chante

RSS vient de l’anglais « Real Simple Syndication » et se traduit en syndication vraiment simple. Pour bien comprendre ce que cela implique, disons qu’il se compare au fil de presse que nous connaissons bien. Une fois abonné à un fil de presse, à l’aide d’un logiciel fort simple, le chef des nouvelles peut recevoir automatiquement de l’information selon ses intérêts particuliers :le sport, la météo, les nouvelles politiques, etc. Le RSS est une forme d’étiquette électronique qui a permis aux blogueurs de rendre automatiquement accessible aux internautes leurs divers types de contenus sans que ceux-ci soient dans l’obligation de visiter leur site. Un logiciel permettait à ces derniers de recevoir le « fil » leur indiquant qu’un nouveau contenu de la catégorie « potins de Star Académie », par exemple, était publié. Il leur suffisait ensuite de cliquer sur un bouton pour lire ledit potin.

Le RSS permet donc maintenant à l’internaute de recevoir du contenu audio (mp3, rappelons-nous) tout aussi facilement. L’étiquette RSS est, en réalité, un court texte html que n’importe qui peut créer avec un logiciel de traitement de texte aussi simple que NotePad. Elle contient des renseignements comme le titre de l’émission, son auteur, la date d’enregistrement, un résumé de son contenu, etc. Une fois créé, cette étiquette doit tout simplement être transférée sur le même site Internet que le fichier mp3 qu’elle « définit ». Le reste du travail provient des internautes « baladorécepteurs ».

À l’aide d’un logiciel comme le célèbre iTunes d’Apple ou comme Juice, Noopod, Myfil (dont certains sont gratuits), l’auditeur peut lire les informations de l’étiquette RSS. Voilà où réside la magie de la baladodiffusion : il peut non seulement télécharger votre podcast sur son baladeur et l’écouter n’importe où et n’importe quand, mais il peut également s’abonner à celui-ci et télécharger automatiquement toute nouvelle émission que vous réalisez sans se rendre une seule fois sur votre site. Comme le souligne Paul Beauséjour, créateur publicitaire à CIBL, la Radio de Montréal, « C’est un peut comme regarder un film d’une chaîne spécialisée comme Illico. Peu importe le moment où vous allumez votre télé, vous pouvez le visionner. »

À quoi bon?

L’avantage de la baladodiffusion repose sur cette grande liberté d’écouter du contenu audio quand bon nous semble et où bon nous semble. Auparavant, lorsqu’une émission d’une radio communautaire était diffusée sur Internet, l’auditeur devait ouvrir son ordinateur à l’heure de diffusion et ne pouvait l’écouter que sur son ordinateur, ce qui n’est pas des plus pratiques. Pour Paul Beauséjour, pouvoir écouter des émissions en différé sur son baladeur représente des avantages certains. « Il n’y a qu’à penser aux gens qui ne peuvent écouter notre émission du retour à la maison entre 16 h et 18 h, parce qu’ils travaillent trop tard. Je pense aussi à une émission sur l’économie fort intéressante que nous avons, « l’Éconoxydabe », qui est très amusante, vivante et surtout extrêmement dense en matière d’informations. Il serait utile pour l’auditeur de réécouter tel ou tel passage et même de le partager. »

Embarquer dans le train en marche ?

Selon M. Beauséjour, il existe toutefois deux obstacles qu’une radio communautaire pourrait rencontrer avant de « baladodiffuser » ses émissions : les ressources humaines et la bande passante. En effet, une station de radio doit disposer du personnel et du temps nécessaire pour installer les émissions sur son site et remplir tous les renseignements nécessaires au « flux RSS ». De plus, l’idée d’une foule d’auditeurs téléchargeant automatiquement des émissions représente une forte pression sur la bande passante qui permet ce téléchargement, bande qui n’est pas élastique. Les distributeurs pourraient se plaindre d’une lourde utilisation de cette dernière.

L’avenir nous dira quel sort elle réserve à cette nouvelle tendance. La baladodiffusion va-t-elle se cantonner dans l’univers des internautes, où chacun aura la responsabilité de diffuser son contenu? Les grands diffuseurs vont-ils se lancer dans l’aventure? C’est une histoire à suivre.