Mythes et réalités de la radio communautaire

Les radios communautaires font partie du paysage médiatique québécois depuis plus de 30 ans. Bien des choses ont été dites à leur sujet. Trente années de perceptions accumulées... qu'il est temps de dépoussiérer! Actuelle, vivante et toujours pertinente, la radio communautaire est là pour rester. N'en déplaise à certains mythes...

Mythe 1 : la radio communautaire, c’est une radio amatrice.

Réalité

  • La radio communautaire au Québec en 2006, c’est 230 employés, dont 69 % possèdent une formation post-secondaire.
  • les bénévoles des radios communautaires sont des spécialistes de leur domaine : arts visuels et art de vivre, musique en tout genre, affaires publiques, etc. Ils s’investissent dans la communication communautaire par passion.
  • De nombreux prix ont été remportés par les radios communautaires au fil des ans, voici la liste non-exhaustive de ceux remportés depuis 2001 :
    • CINQ FM Radio Centre-Ville remportait en 2004 le prix Jacques-Couture pour le rapprochement interculturel, remis par le ministère de l’Immigration et des communautés culturelles.
    • Aussi en 2004, CIBL Radio-Montréal remportait le « Phénix de l’environnement » remis par le ministère du Développement durable et de l’Environnement pour l'émission Délirium environnemental
    • Lors des rencontres professionnelles de l’industrie québécoise du disque et de la radio, le Prix du directeur des programmes de l’année 2003 a été remis à Carol Boudreau de CIEU-FM (Carleton).
    • Cette même radio – CIEU FM – a remporté le prix de l’entreprise de l’année 2001 remis par la Chambre de commerce Gaspésie – Iles-de-la-Madeleine.
    • CIHO, dans Charlevoix, a été nommé Commerce de services professionnels de l’année par la Chambre de commerce de Charlevoix.

Mythe 2 : les radios communautaires sont pauvres.

Réalité

  • Les radios communautaires génèrent un chiffre d’affaires annuel de 10 millions $.
  • 81 % des revenus nets sont auto-générés, ce qui en fait l’un des secteurs les plus performants de l’économie sociale.
  • Si les radios communautaires sollicitent l’appui du public (par exemple, lors de radiothons), ce n’est pas pour éviter la faillite, mais  bien pour s'assurer une indépendance éditoriale par un financement diversifié.

Mythe 3 : les radios communautaires, c’était un « trip » des années 70, ce n’est plus pertinent!

Réalité

  • Une douzaine de nouveaux projets de radios communautaires sont en développement ou en implantation en ce moment même, partout au Québec, ce qui témoigne du besoin des collectivités pour des médias collectifs.
  • Pendant que les radios indépendantes commerciales se font avaler par les grands réseaux, les radios communautaires continuent de produire une programmation localement pertinente à 100 %!
  • Plusieurs radios communautaires font partie du plan des mesures d’urgence de leur municipalité en tant que média essentiel en temps de crise.

Mythe 4 : les radios communautaires réparent leurs vieilles consoles avec du « tape »!

Réalité

  • Les radios communautaires ont investi près de 1 million de dollars en renouvellement de leurs équipements depuis 3 ans
  • Elles sont toutes informatisées et la majorité d’entre elles utilisent des logiciels de production et de mise en ondes à la fine pointe de la technologie.


Mythe 5 : les radios communautaires ont un faible rayonnement et donc on peut les capter que si l'on habite à côté de leur antenne!

Réalité

  • En 2006, il n’y a plus de radios communautaires à faible puissance. Elles couvrent toutes un territoire régional.
  • Ce sont les radios communautaires qui, les premières, ont investi la bande FM.
  • Il y a 33 radios communautaires sous la bannière Radiovision. Elles couvrent 17 régions du Québec.


Mythe 6 : personne n’écoute les radios communautaires

Réalité

  • Elles sont écoutées par plus de 500 000 auditeurs (BBM radios régionales printemps 2006 : 233 400 et Echo sondage 2003 radios urbaines : 291 000).
  • Plus de la moitié des radios régionales ont une portée supérieure à 50 % dans leur marché (Écho 2003).
  • La durée moyenne d’écoute de la radio communautaire est enviable :
    • 78 % des auditeurs l’écoute tous les jours de la semaine;
    • les auditeurs des radios communautaires écoutent davantage la radio que les auditeurs des radios commerciales ou publiques (près d’une heure et demie de plus selon ECHO 2003).

Mythe 7 : des radios communautaires, il y en a seulement en milieu urbain et c’est pour les marginaux.

Réalité

  • Des 33 radios communautaires du Québec, 22 sont situées dans des villes de moins de 50 000 habitants.
  • Elles sont présentes dans 17 régions du Québec, de Natashquan à Sherbrooke, de Radisson à Carleton.
  • En milieu urbain, elles comptent près de 300 000 auditeurs!

Mythe 8 : la radio communautaire, ce n’est pas efficace

Réalité

  • Les radios communautaires font la promotion en ondes de l’implication dans la collectivité et ça marche :
    • les auditeurs de radios communautaires s’impliquent davantage que les non-auditeurs : 43 % font du bénévolat / s’impliquent dans des causes VS 32 % des non-auditeurs.
  • Les radios communautaires font la promotion de la culture en ondes et ça marche! Les auditeurs de radios communautaires sont de plus grands consommateurs de culture que les non-auditeurs :
    • Vont plus au théâtre (24 % plus de visites), au musée (15 % plus de visites), assistent à plus de spectacles (25 % plus) et achètent plus de disques que les non-auditeurs(20 % plus d’achats de CD).
  • Le taux de rétention des messages publicitaires est supérieur de
    26 % chez les auditeurs de radios communautaires par rapport aux non-auditeurs.

Mythe 9 : les radios communautaires copient les radios commerciales

Réalité

  • Les radios communautaires régionales desservent l’ensemble de la population. Elles ont donc la préoccupation de répondre aux besoins de la majorité et elles réussissent!
  • En plus d’être souvent premières dans leur marché, elles permettent à la population de participer à leur gestion par leur structure de propriété collective, ce qui leur est spécifique.
  • Elles retournent 1,5 million de dollars dans leur communauté sous forme de prix aux auditeurs et de publicité gratuite aux artistes et événements locaux, ce qui est unique!

Mythe 10 : la radio communautaire, c’est juste un tremplin pour débutants!

Réalité

C’est un tremplin, mais ce n’est pas seulement ça!

  • 35 % des employés de radios communautaires cumulent plus de
    6 ans d’ancienneté dans leur station.
  • Les radios communautaires offrent de réelles possibilités de carrière puisque plusieurs cadres de radios sont passés par deux, voire trois radios communautaires au long de leur parcours professionnel.